L'Église Arménienne et les trois conciles œcuméniques

 

Les conciles œcuméniques (du grec oikouménê « univers » ou « terre habitée ») réunissent les évêques du monde entier pour arbitrer sur les questions relatives à la doctrine ou à la discipline. Dans l’Évangile, Actes des Apôtres, chapitre 15, on peut trouver un exemple de concile qui s'est déroulé vers l'an 50 à Jérusalem. Dans l'histoire du christianisme en Arménie, il se tint aussi des conciles régionaux ou locaux, mais seuls ceux qui sont œcuméniques ont une portée universelle. L'église catholique reconnaît vingt et un conciles œcuméniques. La « Communion orthodoxe » retient les sept premiers conciles qui se sont réunis avant la séparation de l'Église d'Orient et de l'Église d'Occident en 1054. Les Églises protestantes et l'Église anglicane ne reconnaissent que les quatre premiers conciles. L'Église Apostolique Arménienne, comme les Églises orthodoxes orientales, ne reconnaissent que les trois premiers conciles œcuméniques.


Le premier concile oecuménique fut le concile de Nicée, convoqué en 325, après la reconnaissance de l'Église, par Constantin, empereur de Rome. 318 évêques, dont notre Saint Patriarche Suprême Aristakès, fils et successeur de Saint Grégoire l'Illuminateur, condamnèrent l’hérésie d'Arius qui refusait de confesser que le Fils de Dieu était de la même substance, de la même puissance et de la même éternité que le Père, mais le considérait comme une simple créature. Le concile établit le symbole de la foi dit symbole de Nicée (Հանգանակ Հաւատոյ).


Le deuxième concile œcuménique de l'Église, fut le concile de Constantinople, convoqué par Théodose 1er, empereur romain, en 381. Ce concile condamna l'hérésie de Macédonius qui reniait la divinité du Saint-Esprit. Parmi les 150 évêques réunis, l’un était notre Saint Patriarche Suprême Nersès Partèv le Grand, petit fils de Saint Grégoire l'Illuminateur. Ils réaffirmèrent les résolutions adoptées au concile de Nicée I (325), proclamèrent la définition du Saint-Esprit comme étant consubstantiel au Père et au Fils et adoptèrent la proclamation attestant que l'évêque de Constantinople venait en second après l'évêque de Rome, dans l'ordre des préséances.


En 431, le troisième concile œcuménique de l'Église chrétienne se tint à Éphèse. Cette assemblée fut présidée par Théodose II, empereur romain d'Orient, et Valentinien III, empereur romain d’Occident, pour résoudre la controverse suscitée par la doctrine hérétique du nestorianisme. Nestorius, patriarche de Constantinople, né à Germanica Césarée (aujourd'hui Kahramanmaras en Turquie) vers 380, refusait de reconnaître le titre de « mère de Dieu » à Marie, mère de Jésus-Christ. Les nestoriens insistaient sur la double nature du Christ, humaine et divine et envisagaient le Christ comme deux personnes réellement séparées, l'une divine et l'autre humaine, qui agissaient en accord l'une avec l'autre. Ils considéraient Marie comme la mère de l'homme Jésus et non du Fils de Dieu. 300 évêques réunis à Éphèse, condamnèrent cette hérésie en 431. Bien qu'invité à ce concile, notre Saint Patriache Sahag Partèv ne pût être présent en personne, et y adressa par lettre sa profession de foi orthodoxe.



L'Église Arménienne reconnaît comme saints, œcuméniques et universels les trois premiers conciles de Nicée (325), de Constantinople (381) et d’Éphèse (431) et les commémore séparément. Elle considère que l'essentiel des dogmes du christianisme a été formulé dans ces trois conciles reconnus par tous, et elle proclame : un seul Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur et Marie, Théotokos, c'est-à-dire Mère de Dieu.