Sarkis le Guerrier

 

Le jour de la fête honorant Saint Sarkis est variable et se situe entre le 11 Janvier et le 15 Février. 

 

Sarkis était un Grec de la région de la Cappadoce en Anatolie (Turquie actuelle). Il a servi comme officier de l'armée romaine sous le règne de l'empereur Constantin (environ 337 après  J.-C). Son courage, sa force et sa bravoure   ont valu à ce chrétien fier de l’être le grade de général.

 

Sarkis mit son pouvoir au service de la croissance spirituelle, allant de ville en ville pour les évangéliser en les débarrassant de leurs idoles et en construisant des églises sur l’emplacement des temples païens.. Il faut dire que Sarkis avait un bon modèle de piété en la personne de l'empereur Constantin.

 

Après la mort de Constantin, le christianisme a été attaqué dans toute la région par le nouveau chef romain, Julien l'Apostat. Sous sa direction, les païens se mirent à détruire les églises et persécuter les chrétiens. Sarkis s’est mis alors à prier avec ferveur. Jésus lui apparut et lui dit: « Il est temps pour vous de quitter votre pays et votre clan, comme l’avait fait le patriarche Abraham, pour aller vers le pays que je désignerai. Là, vous recevrez la couronne de justice préparée pour vous ».

 

Sarkis laissa derrière lui son titre de noblesse et son pouvoir et partit  avec son fils, Mardiros, en Arménie. Ils y ont été accueillis par le roi Diran, petit-fils du roi Dertad.

 

Alors que Sarkis et Mardiros étaient en Arménie, l'empereur Julien continuait de se déplacer vers Antioche et la Syrie en essayant de conquérir de nouveaux territoires. Ses armées massacraient tous les chrétiens qu’ils rencontraient et les populations locales fuyaient pour ne pas périr sous les armes des soldats de Julien.  Le roi Diran exhorta Sarkis à fuir pour se réfugier chez les Perses.

 

Lorsque Sarkis et son fils sont arrivés en Perse, le roi Sapor, ayant entendu sa bravoure, le nomma commandant de l'armée perse. Quand les troupes de Julien commencèrent leurs raids dans le royaume du roi Sapor, ce dernier envoya Sarkis  pour défendre son territoire. En infériorité numérique face aux forces grecques et romaines, les soldats de Sarkis étaient effrayés. Il a réussi à les encourager en leur affirmant que s’ils croyaient en Dieu,  Créateur du ciel et de la terre, leurs cœurs ne seraient jamais affaiblis. Plusieurs de ses soldats ont été baptisés par les prêtres qui voyageaient avec l'armée. Ils ont réussi à repousser l'attaque romaine.

 

Certains des soldats de Sarkis, qui avaient refusé le baptême dénoncèrent  Sarkis en disant au roi Sapor que ce dernier se rebellait contre le souverain perse en prêchant la foi en Jésus. De retour au palais, Sarkis, son fils et les soldats nouvellement baptisés étaient attendus pour assister à une fête en l'honneur des dieux païens. Au temple, le roi demanda à Sarkis d'offrir un sacrifice aux dieux païens. Sarkis refusa, disant qu'il ne voulait adorer que le seul vrai Dieu. Le roi critiqua Sarkis et se moqua de sa foi. Ne pouvant tolérer de tels propos,  Sarkis lui cracha au visage et renversa les idoles ornant le temple. Furieux, le roi et ses partisans, pour se vanger ont tué  Mardiros, le fils  de Sarkis, devant ses yeux et emprisonné Sarkis. Mais grâce à sa relation avec le Seigneur, Sarkis ne faiblissait pas. Ayant entendu parler de la force de Sarkis, le roi Sapor ordonna l'exécution de Sarkis.

 

Alors que Sarkis priait au moment de son exécution,  un ange lui apparut et dit :  «Soyez  fort! Ne craignez pas les assassins de votre corps. Les portes du Royaume des Cieux sont ouvertes pour vous. ». La vision de cet ange fit comprendre aux païens la puissance de la vie éternelle, et beaucoup d’entre eux qui voulaient assister au spectacle de l’exécution se convertirent au christianisme. Avant d’être mis à mort Sarkis fit un dernier plaidoyer passionné en exhortant les gens à accepter Jésus-Christ, puis a rendu l’âme.

 

Ses soldats, chrétiens fidèles, voulurent récupérer le corps de Sarkis pour l’envelopper dans des draps propres dans l'intention de l’enterrer avec les honneurs qui lui étaient dus. Informé de leur intention, le roi Sapor ordonna l'exécution de ces soldats. Plus tard, les chrétiens  réussirent finalement à trouver le corps de Sarkis et l’envoyèrent en Assyrie où il resta  jusqu'à ce que Mesrob Mashdots reçoive ses reliques pour les déplacer en Arménie au cinquième siècle..